Vendredi 3 août 2007
Je vous préviens, ce texte n’est pas du même ton que les autres. Demain, je serai à nouveau la rigolote, celle qui amuse tout le monde, celle
qui sourit, celle qui s’habille, se présente, séduit, mais ce soir, je baisse les bras. Trop de mal, on m’a fait trop de mal, ça a trop duré, je n’en peux plus d’amuser les autres.
On me l’a expliqué aujourd’hui, et je n’arrive pas à tempérer cette info. Je suis à bout de nerfs. Pourquoi suis-je seule ? Paraît-il parce que je cherche
la mauvaise personne au mauvais endroit ? J’ai essayé de modéliser ma recherche. Prendre cette recherche comme un dossier, faire les choses assez systématiquement, mais j’ai omis certains
facteurs. J’ai oublié qu’à l’âge que j’ai, les hommes que je cherche ne veulent plus se prendre la tête. Ils ont déjà eu des vies de couple pénibles la plupart du temps. Soit un constat d’échec,
« le sentiment d’avoir laissé passer la femme de sa vie » voilà ce que m’a dit un monsieur aujourd’hui. Et je plains la femme qui arrive pour séduire cet homme, elle a perdu
d’avance. « Elle ne s’en rend pas compte » me dit-il encore, pour l’instant, parce qu’elle ne le connaît pas bien, elle ne sait pas qu’il peut être plus câlin, plus attentif
avec elle.
Rien de pire que les hommes qui ne savent pas tourner la page, qui pleurnichent sur leur ancienne vie, mais ils sont légions.
J'ai oublié aussi mes traumatismes sous-jacents, ceux qui en catimini me pourissent la vie. Moi, j'ai tourné la page, mais parfois, il y a des blessures qui se rouvrent.
J'ai oublié aussi mes traumatismes sous-jacents, ceux qui en catimini me pourissent la vie. Moi, j'ai tourné la page, mais parfois, il y a des blessures qui se rouvrent.
Entendez le bien, je baisse les bras. J’ai déjà baissé les bras plusieurs fois, mais là, je ne sais plus comment faire. Peut-être me perdre encore. Je l’ai
déjà fait, je peux le refaire. J’ai besoin de tendresse, mais personne ne peut m’en donner. On me donne des discussions, fort intéressantes ma fois, on me donne de l’amitié, que je prends
volontiers et que je rends tout aussi volontiers. Je partage des lits, mais je ne partage pas d’amour depuis plus de quatre ans maintenant, et ça, ça devient vraiment invivable !
Peut-être est-ce insoluble ? Peut-être suis-je dans le mal du siècle, la solitude, et qu’il n’y a rien à faire contre cela. Peut-être faut-il s’y
habituer ?
On me dit que les femmes sont insupportables, et que les mecs en ont marre, veulent rencontrer, coucher, discuter (dans cet ordre là ou un autre), mais surtout
pas revivre avec une femme qui forcément sera aussi insupportable que l’ancienne, voir plus insupportable encore à leur point de vue.
La solution, pour les hommes, c’est évidemment de vivre avec leur femme/compagne, cahin-caha, les enfants, les vacances, la vie de tous les jours, le boulot,
et vivre masqué une autre vie parallèle. Maîtresse, amie, on l’appelle comme on veut, mais ça leur permet de supporter cette vie monotone, de survivre tout simplement.
On me conseille les agences matrimoniales, une activité qui se ferait en groupe, pour rencontrer du monde, des personnes différentes. Je cherche. Mais où
rencontrer des hommes seuls ? Club de foot, de rugby, de tir à l’arc, ou pire une société de chasse. Rien de tout cela ne m’intéresse évidemment, qu’irai-je faire semblant de m’intéresser à
cela pour capter un homme ??
Qu’est-ce qui m’intéresse ? La randonnée ? Les clubs en province sont remplis de personnes du troisième âge et principalement des femmes. La
danse ? Exclusivement féminin. Le chant ? Je sais ce qu’il en est, femmes seules et couples.
On me dit aussi que je vis dans une petite ville de province où je n’ai aucune chance de rencontrer qui que ce soit, mais il paraît que c’est à Paris qu’il y a
le plus de familles monoparentales.
Qu’on se le dise, je ne cherche plus, c’est mission impossible, j’abandonne. Trop de concessions pour avoir enfin le privilège de dire « j’ai
quelqu’un ». Je ne le dirais plus. J’ai perdu l’envie, j’ai perdu la patience, j’ai perdu.


