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Il m’a désirée, nous nous sommes aimés, une seule nuit. Réellement, nous n’avions rien à faire ensemble, mais pour moi ça a été une
révélation.
Je lui dois la prise de conscience de mon mariage tout à fait bancal, je lui dois l’effet de me sentir encore désirée, je lui dois
d’avoir eu envie d’un autre homme plus jeune, je lui dois la semaine suivante, seule, mais complètement épanouie, belle, je me sentais belle, désirée. J’étais littéralement sur un petit
nuage.
Je lui dois mon premier texte, la lettre un peu maladroite que je lui avais envoyée pour le remercier, accompagnée d’un livre que je lui
offrais.
Mais je lui dois aussi de comprendre que je suis une fidèle dans l’âme, que si je vis avec quelqu’un ce n’est pas pour papillonner à
droite à gauche.
Je lui dois d’avoir compris que je ne saurais mentir, que je ne comprends pas comment font les personnes qui trompent leur conjoint, moi,
je ne le pourrais pas, même vivant la pire des saloperies des vies de couple, je suis restée ensuite fidèle pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à la séparation.
C’est quelque chose que je pourrais avouer sur mon lit de mort, et encore, sera-ce bien utile ?
Comme il habite dans ma ville, je le revois de temps en temps. Cela faisait longtemps, et jeudi soir alors que nous « écumions les
bars » avec mon ami improbable, et alors que nous entrions dans un bar-tabac pour acheter une boite d’allumette, nous l’avons trouvé au comptoir devant une bière. J’en ai perdu mes moyens,
laissé tomber mon sac, mon porte monnaie, j’étais troublée.
Il m’a fait le coup de « Tu es seule ? Je te paie un verre »
J’ai alors montré mon ami, en disant que non, je n’étais pas seule. Nous l’avons senti, pas de doute, dix ans plus tard, cet homme me
désire toujours, et quelque part ça fait plaisir.
Non, je ne remettrai pas le couvert, mais il restera dans un coin de ma tête un très bon souvenir.