Imaginez une vieille maison sur une colline de Touraine. A perte de vue, les champs ondulant en douces vagues verdoyantes.
Je suis dans un jardin en train d’arracher des mauvaises herbes, et oui je prends l’air au milieu des fleurs, radis, oignons et autres échalotes qui poussent en silence. Dans les arbres proches,
des oiseaux s’égosillent. Tout à coup, le propriétaire des lieux voit deux perdrix qui passent dans un champ à 50 m. Moi, je suis myope, et je n’ai pas mes lunettes (pas besoin de lunettes pour
désherber), et tant qu’elles ne bougent pas, je ne les vois pas.
« A cette distance, je peux la toucher » Moi, provocatrice « Ah bon ? Tu me montres ? » Il me dit « Si je la tue, tu sauras la préparer ? Je peux te la vider, mais il faudra
la plumer demain »
Moi bravache, qui n’ai jamais plumé un volatile de ma vie « Oui, oui, si tu la vides, je la plumerai demain »…
Alors, ni une ni deux, le monsieur rentre chez lui, et reviens avec le fusil. Vise… « poum ! » et la rate de deux centimètres à cause du vent.
Ouf ! ! Nous l’avons tous les trois échappé belle, elle, vous devinez pourquoi, lui, parce que je ne suis pas sûre, pas sûre du tout même, que la chasse soit ouverte, et moi, parce que je ne me
vois pas en train de plumer cette pauvre petite bête pour la manger.
Ca me rappelle cette comptine que l’on raconte aux petits sur les 5 doigts de leur main en commençant par le pouce : « Le premier va à la chasse, le deuxième le tue, le troisième le plume, le
quatrième le fait cuire, et le petit riquiqui qui mange tout tout tout… »

Photo © Jacques Ginestous


